L’employabilité des jeunes à Saint-Louis : quelles solutions locales et synergies des acteurs

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L’employabilité des jeunes à Saint-Louis : quelles solutions locales et synergies des acteurs

Ce mercredi 3 novembre 2021, Polaris-Asso a donné rendez-vous à l’Institut Français de Saint-Louis pour l’ouverture de ses bureaux dans cette ville autour d’un panel riche en apprentissages.

Avec un plateau de haut niveau composé Sandrine Lemare, directrice de la Soft-skills Academy (ISM), El Hadji Omar Thiam, chef de zone nord Ideal-Gret, Adama Kane Diallo, président du Conseil communal de la jeunesse, Harouna Baldé, directeur ANPEJ Saint-Louis, Assane Gueye, hub nord manager de Jokkolabs, Abdoulaye Diop, directeur exécutif Sénégal Academy et Ousseynou Gueye, directeur exécutif de Polaris Asso, les échanges ont été articulées autour de l’employabilité des jeunes à Saint-Louis, les solutions locales et les synergies des acteurs sous la modération de la cheffe de zone nord Polaris-Asso, Fatou Bintou Niang. 

La problématique de l’employabilité est un des enjeux majeurs dans le déploiement des priorités des politiques publiques sénégalaises puisque nous avons des populations très jeunes qui expriment des besoins légitimes d’accès à l’emploi. 

Les panélistes à travers leurs interventions nous ont permis de faire un tour d’horizon sur les enjeux de l’employabilité à travers un diagnostic du secteur, les freins et les solutions. 

De prime abord, il faut se poser une question cruciale. On forme les étudiants pour quel emploi ?

Le constat est unanime, les universités et instituts de formation supérieurs proposent des curricula en déphasage avec les besoins du marché dynamique et incertain.

Beaucoup d’écoles sont face à l’urgence de donner du sens à la formation et de répondre aux exigences du monde de l’emploi et surtout permettre à l’apprenant d’être épanoui personnellement et professionnellement. 

Pour cela, il faut construire l’humain en passant par les « softs skills » à côtés des « hard skills ». 

A l’ère du numérique où nous passons en moyenne 2h et 30 mn par jour sur les réseaux sociaux, il est urgent d’insister sur la reconnexion à l’humain, repenser et « panser avec a» notre rapport avec le digital afin d’être outillé à soigner sa e-réputation.

Par rapport à l’insertion professionnelle, entreprendre n’est pas un cours qu’on enseigne entre quatre murs, c’est une culture qui exige une discipline et de la constance. 

Il faut de la discipline pour s’y engager et de la constance pour s’y maintenir.

Lorsque nous nous intéressons à l’écosystème saint-louisien, il y a encore, comme déjà souligné en amont, une inadéquation entre les offres de formation et la demande dans le milieu de l’emploi.

Il est assez paradoxal d’avoir une région où l’activité est à dominante agricole et qu’on forme les étudiants à passer plus de temps dans les bureaux. 

L’entrepreneuriat est un refrain ressassé à tous les hymnes sans s’attaquer aux problèmes de fond notamment la pauvreté et l’accompagnement des porteurs de projets avant même de parler de financement. Par conséquent, l’argent qui servait à financer un projet est utilisé dans certains cas pour l’achat de sacs de riz. 

Il est important de changer la perception des jeunes sur le monde de l’emploi afin qu’ils soient les premiers à agir dans le sens de se former pour être utile à une communauté, à apporter des solutions sur des problématiques identifiées au lieu d’attendre que le diplôme universitaire viennent comme un abracadabra ouvrir toutes les portes.

Les freins ne manquent pas…

Le manque d’informations est un problème soulevé d’où la nécessité de miser sur une approche « bottom-up » (du bas vers le haut), afin que les jeunes soient imprégnés des opportunités dans leur localité. 

On note aussi une certaine méconnaissance des potentialités du territoire de la part des jeunes. Ce qui est d’ailleurs une des conséquences d’une formation menée que dans les salles de cours alors que la visée finale de l’enseignement devrait être la production d’une personne utile à son milieu. 

La mise en réseau des acteurs a souvent été perçue comme un frein mais il s’agit d’un levier à valoriser et le travail est en train d’être fait.

L’identification des problématiques locales doit mener à la co-création et la collaboration afin d’avoir des synergies d’action qui exempte les différents secteurs de rupture de la chaîne et éviter d’avoir des efforts disparates car cela ne sert à rien d’avoir plusieurs structures qui viennent financer les mêmes projets avec des acteurs différents. Autant les rassembler sur une seule grande plateforme pour un impact considérable. 

Enfin l’absence de financement et surtout d’accompagnement est considéré comme un goulot d’étranglement. En effet, il faut insister sur l’accompagnement car sans cela les financements deviennent des bâtiments posés sur des fondations fragiles.

Des perspectives qui autorisent l’optimisme

L’espoir est permis car des pistes d’actions prometteuses mais aussi des réflexions pertinentes sont en train d’être esquissées. 

Des leviers pertinents sont en train d’être activés pour prendre en charge la problématique de l’emploi des jeunes.

Il y a dans la zone nord un mécanisme de concertation multi-acteurs à travers des cadres de concertation locale pour créer une synergie cohérente et booster l’efficacité et la performance des jeunes. 

Ensuite, le renforcement des dispositifs d’accompagnement à l’insertion afin d’outiller les dispositifs d’appui à l’insertion rend l’approche plus efficiente. 

Enfin, le développement de l’entreprenariat au niveau des territoires d’intervention permet de miser sur des projets adaptés aux besoins des localités. C’est dans ce sens d’ailleurs que 110 jeunes vont bénéficier d’un accompagnement sur 8 mois pour porter leur projet, connaître des stratégies de fundraising, savoir comment être présent sur les plateformes digitales avec Polaris-Asso, l’incubateur de l’UGB et le Gret.

Le travail d’accompagnement des jeunes pourrait aussi passer par des programmes conçus sur des approches par les compétences pour rejoindre l’idée des écoles-aventures. 

Il faut réfléchir à de nouveaux types de diplomation qui permettent aux jeunes de passer du temps à l’école et en entreprise afin de moins éloigner les jeunes de l’emploi.

Dans ce sens, il y a un vrai travail à faire sur les paradigmes, les imaginaires, réinterroger le confort des diplômes sans pour autant les supprimer nécessairement mais faire de sorte qu’ils ne poussent guère à être aveugles à ce qui se passe autour de nous.

Il n’y a pas de petit ou grand métier. L’essentiel est de se réaliser et d’avoir un impact sur l’humain. 

Même si chaque personne rêve de décrocher les étoiles, il faut oser commencer par terre, oser apprendre à apprendre, avoir la flexibilité de se convertir si nécessaire. 

Autant finir par deux mots, pour nous inviter à réfléchir : réinventons-nous !

Auteur: Pathé DIEYE, Brand & content manager de Polaris Asso

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