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Monde parallèle et pas vers la méta-humanité

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Monde parallèle et pas vers la méta-humanité

Du scandale Cambridge Analytica lié à l’exploitation de données personnelles de 30 à 70 millions d’internautes à leur insu à la chute de six heures liées à un changement de configuration des principaux routeurs, Facebook a non seulement dévissé en bourse mais a vu sa réputation prendre un sacré coup. 

Pour faire oublier ces incidents compromettants sur la marque et son positionnement, Mark Zuckerberg, dans une conférence virtuelle le 28 Octobre a annoncé le nom de Meta comme la nouvelle nomination de son entreprise qui regroupe les réseaux sociaux Facebook, Instagram et WhatsApp et son projet de lunettes connectées et celui de réalité virtuelle sous le nom d’Oculus Quest 2. Donc c’est le nom de la filiale, la maison-mère qui change et devient Meta, mais l’application Facebook garde son nom.

Mais au-delà d’une marque, de quoi Meta est-il vraiment le nom ?

Les rideaux sont tirés, le cinéma n’a plus besoin de se charger de nous faire fantasmer à propos d’un univers futuriste, maintenant, nous voilà de plain-pied dans le cyberpunk. Rappelons que nous devons le concept de métavers à Neal Stephenson dans son ouvrage Le Samouraï virtuel (Snow Crash) en 1992. Selon lui, le métavers est un univers virtuel parallèle à celui réel sur une base technologique. Toutefois, c’est William Gibson qui nous offre le premier voyage dans le cyberespace grâce à la fiction avec son roman Neuromancien(Neuromancer) une science-fiction dans laquelle on embarque dans un monde virtuel grâce à des consoles et des électrocodes tout en expérimentant des perceptions visuelles et sensorielles. 

Lorsqu’on parle de métavers, c’est comme si, l’homme mu en techno-divinité, se lance dans la création de son monde à part, où l’humanité est immergée avec son double, une monnaie, des transactions, des possibilités de se déplacer. 

Le méta-univers de Facebook s’inscrit dans la continuité du réseau social, un espace virtuel où les personnes connectées pourront se rencontrer, se divertir, et même travailler à l’aide de leur avatar. Le fameux jeu Fortnite a été développé un peu sur cette base.

Bref, créer son avatar et faire les mêmes activités que nous ferions dans la réalité physique, telle est l’idée du nouveau chapitre d’internet.

De la Post-humanité à la Transhumanité : où allons-nous vraiment avec notre aventure méta-humaine ?

Aux prophéties des démiurges de la technologie répondent des craintes et des angoisses. 

Le post-humanisme renvoie aux valeurs et normes qui vont avec l’après-humanité et le transhumanisme transcende les limites et va au-delà de l’humanité. La méta-humanité serait un pas de plus vers un projet dystopique d’effacement de toutes les barrières. Nous passons en moyenne deux heures et trente minutes par jour sur les écrans, si cela devient une immersion avec des avatars, que restera-t-il de notre contact avec le réel dans un contexte où le tissu social est déjà déchiré ? 

Allons-nous créer des avatars pour nos bébés pour leur apprendre à parler et marcher dans le cyberespace ? N’allons-nous pas tout simplement confondre cette réalité virtuelle au monde réel jusqu’à ce qu’il ne soit plus possible de les dissocier ? Que/ Qui naîtra de tout cela ?

Il y aussi des questions à poser par rapport à nos identités. L’Homme ne sera-t-il pas amené à s’identifier à des nations d’hologrammes, des hymnes composés de bips de notifications, et de devenir tout simplement un individu dans une population d’êtres-algorithmes en mouvement ?

Ce nouveau monde avec ses belles promesses et ses avantages comme l’expérience unique de visiter les îles Bahamas avec une réalité virtuelle risque aussi de faire, des plus imprudents en tout cas, des zombies dans l’illusion du futur. 

L’État, totalement dépassé, se substituerait à une organisation privée qui se chargerait, sous une forme de techno-totalitarisme et de capitalisme extrême, de programmer et reprogrammer des individus selon sa volonté. L’intimité et la vie privée seraient alors des paradigmes dépassés, hors du dictionnaire de ce monde parallèle qui aura fini d’annexer le réel, et son imposture passera comme lettre aux lunettes virtuelles. 

Aujourd’hui, pour mieux profiter de ces innovations de la part d’entreprises qui misent d’abord sur leur profit, il faudra anticiper sur les meilleures approches pédagogiques à adopter à l’ère numérique, former des personnes aptes à s’adapter dans un monde en vitesse, et garder un oeil sur ce qui fait de nous fondamentalement des êtres humains.

Auteur: Pathé DIEYE, Brand & Content Manager chez Polaris Asso

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