Au Sénégal, les 8 millions d’internautes que compte le pays passent en moyenne 6 heures et 49 minutes par jour dans un espace numérique encore insuffisamment sécurisé, particulièrement pour les plus jeunes. Le cyberharcèlement y constitue un phénomène à la fois massif, complexe et structurellement sous-documenté : si 73% des personnes interrogées dans le cadre de ce projet estiment que ses conséquences sont aussi graves que celles du harcèlement physique, une victime sur deux ignore encore comment se protéger ou signaler les faits.
Ce livre blanc, produit par Polaris Asso et la Soft Skills Academy du Groupe ISM avec le soutien de l’Ambassade de France au Sénégal, s’appuie sur un sondage auprès de 424 personnes dans la commune de Yoff, deux focus groups tenus en octobre 2022, et 21 consultations d’experts — institutions publiques, organisations internationales, acteurs de l’éducation, professionnels du droit et de la santé mentale. Il constitue l’une des rares productions empiriques de la société civile sénégalaise sur ce sujet.
Le document met en lumière une réalité alarmante : l’absence de plateforme d’écoute de premier niveau, des mécanismes de signalement largement méconnus, des campagnes de sensibilisation concentrées sur Dakar et uniquement en langue française, et un traitement médiatique qui relève davantage du fait divers que de la pédagogie citoyenne. Les femmes et les jeunes filles sont, de loin, les principales victimes — 85% des personnes interrogées le confirment — exposées à une pression socioculturelle qui transforme la honte en silence.
Pour Polaris Asso, briser ce silence est un acte fondateur. L’intégralité des recommandations formulées à l’endroit de l’État, des parlementaires, des médias, des plateformes numériques et des familles mérite d’être lue et appropriée par toute personne convaincue que la protection de la jeunesse en ligne est une condition non négociable de la démocratie.
Préparé avec Claude Sonnet 4.6
