À l’occasion de la 45e session de l’Examen Périodique Universel des Nations Unies en novembre 2023, Polaris Asso a soumis une contribution formelle portant sur l’état des droits humains dans l’espace numérique au Sénégal. Ce rapport s’inscrit dans la conviction que la transformation numérique — aussi ambitieuse soit-elle — ne saurait produire ses effets sans un cadre de protection effectif des libertés fondamentales en ligne.
Le document examine trois dimensions interconnectées : la liberté d’expression en ligne, la protection des données personnelles et la protection des enfants et des femmes dans le cyberespace. Sur chacune de ces dimensions, il documente l’écart entre un cadre normatif relativement solide — lois, conventions ratifiées, institutions de régulation — et une mise en application encore partielle, fragilisée par des moyens institutionnels insuffisants et un déficit d’éducation numérique des populations.
Parmi les constats saillants : 50% des personnes interrogées par Polaris Asso ayant subi des violences en ligne ne savent pas comment s’en protéger, et 50% ignorent les procédures de signalement existantes. La Commission de Protection des Données personnelles (CDP) n’avait enregistré que 22 signalements sur toute l’année 2022, malgré une recrudescence quotidienne des infractions numériques.
Ces données, portées à l’attention de la communauté internationale lors de l’EPU, constituent un plaidoyer exigeant formulé au nom de la jeunesse et des femmes sénégalaises. Polaris Asso y défend une vision dans laquelle la démocratie numérique ne peut s’épanouir sans une stratégie d’éducation numérique inclusive et une régulation participative de l’espace digital. Le rapport complet détaille les recommandations transmises aux États membres de l’ONU.