La question de la participation des jeunes à la gouvernance locale constitue l’un des enjeux les plus structurants pour la consolidation démocratique au Sénégal. Malgré leur poids démographique et un niveau d’intérêt déclaré pour les affaires publiques relativement élevé, les jeunes hommes et femmes (HF) demeurent marginalisés dans les processus décisionnels qui façonnent pourtant leur quotidien.
Cette note de politique, issue d’une recherche-action participative conduite dans cinq communes de la région de Dakar et de Diourbel, repose sur l’analyse de 202 questionnaires, 100 entretiens et cinq groupes de discussion. Elle examine les freins objectifs à l’engagement des jeunes — manque d’organisation collective, faible positionnement sur les listes électorales, reproduction des hiérarchies générationnelles — tout en proposant des voies de sortie concrètes.
Les données collectées indiquent notamment que le quota jeune est perçu par 27% des répondants comme la principale opportunité d’améliorer la représentation des jeunes dans les exécutifs locaux, suivi du rôle des Conseils Communaux de la Jeunesse (CCJ) et des budgets participatifs. Pour les jeunes femmes spécifiquement, la loi sur la parité de 2010 est citée comme un levier majeur, même si son application dans les instances locales reste partielle et insuffisante.
Pour Polaris Asso, ces données constituent bien plus qu’un constat académique : elles informent une action militante en faveur d’une gouvernance inclusive où la jeunesse sénégalaise devient actrice de sa propre transformation sociale. Le rapport complet, dont cette note constitue une synthèse analytique, fournit l’ensemble des éléments empiriques pour nourrir ce débat.