L’émergence du numérique reconfigure en profondeur les modalités de participation politique. Au Sénégal, où l’on dénombre plus de 10,79 millions d’utilisateurs d’Internet et 3,71 millions d’utilisateurs actifs des réseaux sociaux en 2024, les plateformes numériques s’imposent progressivement comme des espaces d’expression et d’action civique, notamment pour une jeunesse dont l’âge médian ne dépasse pas 19 ans à l’échelle nationale.
Cette note de politique, produite conjointement par le LASPAD et Polaris Asso, s’appuie sur une enquête conduite dans cinq communes sénégalaises entre août et septembre 2024, combinant 202 questionnaires, 100 entretiens individuels et cinq groupes de discussion. Elle documente à la fois les usages numériques des jeunes dans les espaces publics locaux et les limites structurelles de la participation en ligne comme outil de gouvernance démocratique effective.
Les résultats montrent que si les jeunes investissent massivement les réseaux sociaux — WhatsApp, Facebook, TikTok — pour discuter de problématiques locales et initier des projets collectifs, la participation en ligne reste insuffisamment institutionnalisée dans les dispositifs de gouvernance communale. Elle demeure tributaire de la volonté des exécutifs locaux et exposée à des perceptions de politisation qui en découragent certains usagers.
Pour Polaris Asso, le numérique n’est pas une fin en soi, mais un levier au service d’une participation citoyenne plus inclusive et plus équitable. Les recommandations formulées dans ce document — dépolitisation des outils, institutionnalisation de la participation en ligne, réduction de la fracture numérique — constituent autant d’orientations dont le rapport de recherche complet fournit le détail analytique et les fondements empiriques.
