Former des citoyens libres, responsables et engagés dans la vie de leur nation — telle est la promesse fondatrice de l’école sénégalaise depuis l’indépendance. Soixante ans après, cette promesse tient encore sur le papier. Mais dans les salles de classe, le constat est plus nuancé : l’éducation au civisme et à la citoyenneté est une discipline sous-valuée, peu dotée en heures, absente du baccalauréat, et souvent perçue par les élèves comme un moment de détente plutôt que d’apprentissage structurant.
Cette étude, conduite par Polaris Asso avec le concours des Dr Mamadou Dramé et Mamadou Yéro Baldé — tous deux maîtres de conférences titulaires à l’UCAD — mobilise une approche qualitative fondée sur l’analyse de curricula, de guides pédagogiques, d’instructions officielles et d’entretiens avec des enseignants en exercice. Elle documente de manière rigoureuse les forces, les lacunes et les leviers de transformation de l’enseignement civique dans le système éducatif sénégalais.
Les résultats sont sans ambiguïté : les référentiels datent du siècle dernier, les contenus sont déconnectés du quotidien numérique des jeunes, et la discipline ne bénéficie d’aucune évaluation au baccalauréat, ce qui la condamne à une marginalisation de fait. Dans un contexte où la Vision 2050 fait de la citoyenneté patriotique un axe stratégique, ce paradoxe appelle une réforme urgente et ambitieuse.
Pour Polaris Asso, la démocratie ne se décrète pas — elle s’apprend, se pratique, se cultive. Les dix recommandations formulées à l’intention des décideurs du Ministère de l’Éducation nationale méritent d’être lues dans leur intégralité par quiconque s’intéresse à l’avenir civique de la jeunesse sénégalaise.