Au Sénégal, 68% des femmes victimes de violences n’en parlent jamais à personne, ni ne cherchent d’aide — un chiffre que révèle le Bureau de l’OMS au Sénégal et qui résume, à lui seul, l’ampleur du défi. À ces silences structurels s’ajoutent des violences numériques en progression rapide : entre 2020 et 2023, les plaintes pour cyberharcèlement enregistrées par la Division Spéciale de Cybersécurité (DSC) sont passées de 1 000 à 3 600 par an.
Cette étude, conduite par le Cabinet Next Strat. pour le compte de Polaris Asso, cartographie l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs impliqués dans la chaîne de réponse aux violences en ligne au Sénégal. Elle analyse leurs forces — maillage territorial de l’AEMO, expertise de Keur Xaleyi, dispositifs communautaires des Badienou Gokh — et leurs limites : cloisonnement institutionnel, absence de plateforme numérique partagée, déficit de formation aux enjeux spécifiques des violences numériques.
L’observation participante dans des structures telles que l’AEMO de Guédiawaye ou le Centre Polyvalent de Thiaroye révèle un écart préoccupant entre la volonté des équipes et les moyens dont elles disposent pour répondre à des victimes aux profils de plus en plus complexes. Le rapport identifie cinq recommandations stratégiques pour que Polaris Asso puisse mettre en place une plateforme collaborative de signalement et de suivi-évaluation, la première de ce type au Sénégal.
Ce travail illustre la vocation de Polaris Asso : transformer la recherche en outil d’action. Pour qui s’intéresse à la protection des jeunes dans l’espace numérique, le rapport complet constitue une ressource analytique et opérationnelle de premier ordre.