Le cyberharcèlement constitue l’une des formes de violence les plus silencieuses et les plus sous-documentées dans l’espace numérique sénégalais. Pourtant, ses effets sur la santé mentale, la participation sociale et la liberté d’expression — notamment des jeunes femmes — sont dévastateurs et mesurables. C’est dans cette conviction que Polaris Asso a conduit un sondage de terrain pour objectiver un phénomène trop souvent relégué dans l’invisible.
Ce sondage, réalisé auprès d’un échantillon de jeunes internautes sénégalais, documente la prévalence du cyberharcèlement, ses formes les plus fréquentes, les profils des victimes, les réactions adoptées et les connaissances des mécanismes de signalement disponibles. Il constitue l’un des rares instruments empiriques produits par la société civile sénégalaise sur ce sujet, à un moment où les données statistiques nationales restent fragmentaires et les institutions de régulation sous-équipées.
Les résultats mettent en lumière une réalité préoccupante : une majorité des victimes ne savent pas comment se protéger, ignorent les recours légaux existants, et intériorisent souvent la violence subie plutôt que de la signaler. Les femmes et les jeunes sont surreprésentés parmi les victimes, confirmant la dimension genrée et générationnelle du phénomène.
