violence en ligne

La violence en ligne tue, et nous sommes tous ensemble capable de faire mieux et plus !

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« Il est hélas devenu évident aujourd’hui que notre technologie a dépassé notre humanité», cette assertion d’Albert Einstein trouve dans le monde actuel tout son sens avec la vulgarisation des réseaux sociaux. Avec la digitalisation des modes de vie, les violences contre les jeunes et les femmes sont de plus en plus récurrentes. C’est pourquoi le 31 mai 2022, Polaris Asso dans le cadre du projet « Forum génération égalité : accompagnement de la société civile et des autorités dans la mise en œuvre des engagements du Sénégal », financé par le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères et ses partenaires dont Plan International Sénégal, se sont réunis à l’ambassade de France au Sénégal autour de la thématique suivante << Les violences en ligne à l’égard des jeunes et des femmes : quels sont les outils pour briser la chaîne des violences ?>>.

Aujourd’hui les réseaux sociaux sont devenus la courroie de transmission de violence et de haine principalement orientée vers les femmes et la jeunesse. Elles font face à un monde numérique qui ne leur laisse aucun répit : intimidation, harcèlement, désinformation, mésinformation, et sont exposées à des contenus pornographiques, insultes sexistes… L’objet de cette rencontre était de définir puis d’identifier les défis et de trouver les outils et les innovations pour lutter contre les violences en ligne à l’encontre des jeunes et des femmes et les discussions ont été rythmées autour de 4 temps forts : Comment constater, sensibiliser, assister et judiciariser ce phénomène pour y mettre un terme?

Ce déchaînement auquel nous sommes aujourd’hui confronté est le signe de l’abandon d’une partie des populations, plus particulièrement de la jeunesse, aux écrans depuis plusieurs années, et plus encore depuis le début de la crise sanitaire. Les jeunes au Sénégal passent en moyenne 24 heures par semaine sur internet plus particulièrement sur Whatsapp et Twitter qui est devenu un repaire d’abus et de trolls qui semblent impossibles à arrêter. Cette digitalisation accélérée des modes de vie entraîne l’émergence de nouveaux risques auxquels lesdites applications n’étaient pas préparées. 

La Commission de protection des données personnelles (CDP) a ainsi mis en place un mécanisme de signalement des abus afin de faciliter la saisine par les victimes de violences des autorités compétentes et travaille actuellement pour la construction d’une plateforme commune avec les forces de l’ordre, afin que quel que soit le moyen de saisine utilisé, le signalement soit pris en compte dans les plus bref délais.

Pour parer au risque d’une conception trop stato-centrée, qui ne laisse pas la place à la parole des victimes dans le processus de signalement et de prise en charge, l’État est aujourd’hui appelé à collaborer davantage avec les organismes oeuvrant dans ce domaine et à les inclure dans l’élaboration des législations se rapportant au sujet. 

Constat fait, la sensibilisation est alors de mise. Il est plus facile de mettre des mots sur des violences physiques que numériques alors qu’elles sont bien souvent étroitement liées. Ce vaste champ qui englobe diverses formes de pratiques se renouvellent et se développent avec l’évolution des technologies. De plus, plusieurs facteurs socio-culturels entravent la prévention contre ces violences notamment l’analphabétisme numérique des parents non outillés pour éduquer leur enfant au numérique, et les habitudes culturelles rendent difficiles les conversations sur ces sujets dits tabous. Les comportements de voyeurisme, de harcèlement constituant une forme explicite de violence sur internet sont fréquents et banalisés. Par ailleurs, il y a une autre forme de violence plus difficile à appréhender telle les plaisanteries et les calomnies risibles. 

Aussi, une prise de conscience est d’ordre. La culture du consentement et du respect de la vie privée doit être affirmée.

De nombreuses initiatives existent qu’il faut encourager. Le Ministère de l’Éducation nationale a présenté ses plans de sensibilisation aux violences numériques en milieu scolaire. Dans cette même lancée, Polaris Asso a développé une boîte à outils, le  guide “Raconte ton digital” gratuit et  accessible en ligne ou encore le projet  “  Missions Parents  2.0”.

En termes d’assistance, le Dr Aboubakhar DIAKHATÉ, Psychologue Conseiller du Ministère de la Santé et de l’Action Sociale alerte sur les troubles mentaux et comportementaux liés aux abus en ligne et de l’importance d’une réponse interministérielle sur l’ensemble du territoire sénégalais. Il y a un déficit notoire d’organisme compétent et il ne faudrait pas laisser certains acteurs non compétents, et/ou intéressés, profiter de cette absence de réponse pour accompagner des personnes souffrant des conséquences des ses abus. Pour en venir à bout de cette mission d’assistance, il faudra renforcer le suivi de la cohorte des 200 jeunes filles prises en charge par la CDP et fournir des efforts supplémentaires. Le Sénégal a avancé sur la cybersécurité à travers  des conventions internationales signées, et l’édiction de loi sur cette thématique.

A l’issue de ce colloque, force est d’admettre que plutôt que de faire du plaidoyer pour un changement législatif, il apparaît plus efficace de jouer sur les progrès de l’assistance juridique, de l’accession à la justice, et sur l’évolution de la jurisprudence et la mobilisation par les magistrats des convention internationales pour créer un précédent, par exemple au niveau de la Cour de l’Union africaine. 

Les violences physique et sexuelle à l’égard des femmes sont récurrentes, mais il existe des formes de violence qui ne laissent pas d’impact clair sur les corps, dont le nombre de victimes ne peut être compté. Il s’agit des violence faites sur l’internet. Les acteurs de la société civiles présentent lors de ce colloque ont ainsi mis en place des plans d’action pour palier à ces violences et faire des médias sociaux un espace qui donne aux femmes une liberté qu’elles ne trouvent pas dans leur environnement réel, et qu’il leur permettrait d’exprimer leur opinion et de contribuer à ce qui se passe autour d’elles.

Notons que ce même média social qui embrasse cette violence est aussi le moyen de diffuser des campagnes de sensibilisation sur la nécessité de mettre fin à toutes les formes de violence à l’égard des femmes et cela les partisans de l’abolition des violences en ligne en sommes bien conscients et en faisons notre ancrage pour en venir à bout de ce fléau grandissant.


Auteur: Nogaye Dieng, Assistante Chargée de Communication chez Polaris Asso

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