« Mën Naa Ko » : Deux ans d’incubation, un héritage pour la jeunesse

Date de publication : 28 Sep, 2026

A Khombole, le 12 août dernier, le projet Mën Naa Ko a officiellement tiré sa révérence deux ans après son lancement, l’initiative portée par Polaris asso, avec l’appui de l’ambassade de France au Sénégal, laisse derrière elle des jeunes davantage outillés pour participer à la vie de leur commune. De Cambérène à Khombole, en passant par Yoff et Mékhé, retour sur les parcours de celles et ceux qui ont vécu l’expérience.

L’évolution des structures d’accompagnement de porteurs de projet est liée à l’histoire économique des pays développés. Si le concept est né dès les années 1960, ce sont les situations de chômage, issues de la crise des années 1970, qui ont amené de nouvelles politiques économiques plus favorables à l’initiative entrepreneuriale, à la création et au développement des structures d’accompagnement, puis à l’émergence du capital risque.

En Afrique francophone, les incubateurs semblent être davantage liés aux politiques publiques, et répondre de ce fait à une logique différente. Ils sont souvent créés sur impulsion politique comme au Sénégal ou au Gabon.

L’association Polaris Asso en collaboration avec l’Ambassade de la France au Sénégal a procédé au lancement officiel de son Projet « Men Naa ko » en 2024.

Cette initiative avait pour objectif de renforcer la participation des jeunes dans l’élaboration des politiques publiques à travers le numérique.

« Il faut que notre pays apprenne à mobiliser sa jeunesse, à lui donner les outils nécessaires et à permettre à son potentiel de contribuer au développement national », selon le directeur exécutif de Polaris asso Ousseynou Guèye.

Le projet Men Naa ko, à créer des passerelles entre les jeunes et les instances de décision en Utilisant le numérique comme levier d’une participation active et éclairée dans le débat public, et par extension, dans la formulation et la mise en œuvre des politiques publiques. 

À travers le programme Mën Naa Ko (« Je le peux » en wolof), déployé depuis 2024 dans cinq communes pilotes des régions de Dakar et de Thiès, Polaris Asso a œuvré au renforcement du leadership citoyen et du pouvoir d’agir des jeunes dans la gouvernance locale, notamment à travers le numérique, les arts et la culture.

Dans la région de Dakar, en descendant vers le sud-est le long du littoral, on quitte Cambérène pour Thiaroye-sur-Mer, autre commune d’arrondissement du département de Pikine, historiquement liée au drame du massacre de 1944. Maty Wade, bénéficiaire du projet, « Les formations et les activités participatives ont été particulièrement utiles pour moi. Elles m’ont permis de développer mes connaissances sur le leadership, la citoyenneté, la participation communautaire et le travail en équipe ».

Yoff :  de la formation

à l’engagement associatif

En remontant vers le nord-ouest, le long de la côte, on rejoint Yoff, l’un des quatre villages lébou historiques du Cap-Vert.

Yoff, Commune d’arrondissement de Dakar, située immédiatement au nord de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor. Sa population était de 89 442 habitants selon le recensement de 2014, sur environ 15 km². 

Pour cette jeune, le projet Men Na Ko a été une expérience qui lui a permis de mieux comprendre l’importance de s’engager et de travailler avec les autres. Au fil des activités et des rencontres, il a pu apprendre de nouvelles choses et surtout voire concrètement à quoi peuvent servir les connaissances acquises.

« Les activités liées à la recherche de financement, à la gestion de projet et au renforcement des capacités m’ont particulièrement été utiles. ». Dans la même optique, Maguette SOCE renchérit « Je compte mettre ces acquis au service de mes engagements au sein du Club Environnement Yoff, notamment dans nos activités de sensibilisation et de protection de l’environnement. ».

 

Mékhé :  comprendre les rouages 

de la gouvernance locale

En quittant la presqu’île du Cap-Vert et en prenant la route vers le nord-est, on s’éloigne de l’agglomération dakaroise pour entrer dans la région de Thiès, direction Mékhé.

Mékhé, Commune urbaine du département de Tivaouane, région de Thiès, située entre Dakar et Saint-Louis. Sa population était de 27 566 habitants en 2023. C’est un centre économique régional actif, notamment autour du commerce. Abdoul Aziz Dieng y témoigne de l’impact du projet sur sa vision de l’engagement citoyen : « Le projet a profondément transformé ma vision de l’engagement citoyen en m’enseignant le droit civique, le fonctionnement des mairies, et les mécanismes concrets pour participer activement au développement de la commune et du pays. ».

Khombole :  le clap de fin 

et un acquis structurant

En redescendant vers le sud-est, toujours dans la région de Thiès mais cette fois dans le département de Thiès (et non plus Tivaouane), on atteint Khombole, Commune urbaine du département de Thiès, région de Thiès. Sa population est passée de 15 598 habitants en 2013 à 20 321 habitants en 2023, sur une superficie de 6,467 km², soit une densité de 3 100 hab./km². C’est là que Polaris Asso a donné le clap de fin de son Projet. Selon Mor, il revient sur les apprentissages tirés de l’expérience : « Le projet MEN NAA KO a été pour moi une véritable opportunité d’apprentissage, d’engagement et de responsabilisation. Il m’a permis de mieux comprendre les enjeux de la participation citoyenne, de renforcer mes capacités en leadership et de prendre davantage conscience du rôle que les jeunes peuvent jouer dans le développement de leur commune. ».

Le projet a été bien plus qu’une simple formation. En à croire, Il lui a permis d’apprendre, d’échanger et surtout de mieux comprendre comment il peut agir concrètement au sein de sa commune. Aujourd’hui, il veut mettre en pratique ce qu’il a appris et partager ses acquis. Il ajoute, tourné vers l’avenir :« Je compte mettre ces acquis au service de ma commune et des jeunes. Je souhaite continuer à participer aux initiatives citoyennes et à accompagner les jeunes dans la conception et la mise en œuvre de projets à fort impact social et économique. ».

 

Au terme du projet « Mën Naa Ko », les résultats parlent d’eux-mêmes. Ce sont 10 100 jeunes qui ont directement bénéficié des activités, aux côtés de 55 organisations, de 5 équipes communales accompagnées et de 120 personnes formées. Mais au-delà des chiffres, ce sont surtout des parcours, des rencontres et des expériences qui ont permis à de nombreux jeunes de prendre confiance, de s’impliquer davantage et de mieux comprendre leur rôle au sein de leur commune. La série de 16 épisodes, la pièce de théâtre et les émissions diffusées sur YouTube ont également contribué à faire passer les messages et à donner une place plus importante à la parole des jeunes. « Mën Naa Ko »laisse ainsi derrière lui une dynamique nouvelle, portée par une jeunesse plus informée, plus engagée et surtout prête à mettre ce qu’elle a appris au service de sa communauté.

« Mën Naa Ko » : Deux ans d’incubation, un héritage pour la jeunesse

Date de publication : 28 Sep, 2026